Le choix entre IR (impôt sur le revenu) et IS (impôt sur les sociétés) est l'un des leviers fiscaux les plus structurants pour une entreprise. Recherché sous les termes « is ou ir », « ir is », « tableau comparatif ir is » ou « eurl is ou ir », cet arbitrage influence la fiscalité globale du dirigeant pour des années. Ce guide compare IR et IS en 2026 et donne des règles d'arbitrage simples.
IR : mécanique de l'impôt sur le revenu
À l'IR, le résultat de l'entreprise est imposé directement entre les mains de l'entrepreneur (entreprise individuelle, micro-entreprise) ou de chaque associé au prorata de ses parts (EURL, SNC, SARL de famille, SCI à l'IR). L'impôt est calculé au barème progressif (tranches de 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %), majoré des prélèvements sociaux (17,2 % pour les revenus passifs, cotisations sociales TNS pour les revenus professionnels). Le résultat est imposé qu'il soit distribué ou non. En cas de déficit, celui-ci peut être imputé sur le revenu global du foyer (BIC pro, BNC pro) ou sur les revenus de même catégorie (BIC non pro, foncier).
IS : mécanique de l'impôt sur les sociétés
À l'IS, l'entreprise est un contribuable distinct de ses associés. Elle paie l'IS sur son bénéfice à 15 % (jusqu'à 42 500 € pour les PME éligibles) puis 25 % au-delà. Les associés ne sont imposés que sur les distributions effectives (dividendes, soumis au PFU 30 % ou au barème sur option) et sur leur rémunération éventuelle (salaire ou rémunération de gérance). Le résultat conservé dans l'entreprise (mise en réserve) n'est donc pas imposé une seconde fois tant qu'il n'est pas distribué.
Tableau comparatif IR vs IS
Synthèse des principales différences en 2026.
| Critère | IR | IS |
|---|---|---|
| Qui paie l'impôt | Entrepreneur / associés | La société |
| Taux d'imposition | Barème progressif 0 à 45 % | 15 % puis 25 % |
| Imposition du résultat non distribué | Oui (intégralité) | Non (seul l'IS est payé) |
| Cotisations sociales sur le résultat | Oui (TNS) sur l'intégralité | Non (uniquement sur la rémunération versée) |
| Imposition des dividendes | — | PFU 30 % ou barème + 17,2 % |
| Imputation des déficits | Sur le revenu global ou catégoriel | Reportable en avant indéfiniment |
| Charges déductibles | Limitées | Plus largement déductibles (rémunération du dirigeant, intérêts CCA, etc.) |
Cas particulier EURL : IS ou IR ?
L'EURL est à l'IR par défaut si son associé unique est une personne physique. Le bénéfice est alors imposé entre les mains de l'associé unique, soumis à cotisations TNS (~40-45 %) + IR au barème. L'EURL peut opter pour l'IS à tout moment, ce qui devient irrévocable au-delà du 5e exercice. À l'IS, l'EURL paie 15 ou 25 % d'IS, et l'associé n'est imposé que sur sa rémunération de gérance et ses éventuels dividendes. L'IR convient pour : faibles bénéfices, démarrage, déficits à imputer sur le revenu global. L'IS convient pour : bénéfices > 30-40 K€, volonté de conserver des bénéfices dans l'entreprise, optimisation rémunération / dividendes.
Règles d'arbitrage simples
Quelques règles indicatives (à valider par simulation chiffrée) : • Bénéfice < 25 K€ ou déficit : l'IR est généralement plus avantageux. • Bénéfice 25-50 K€ : zone d'arbitrage, à simuler selon la situation familiale et les besoins de l'entrepreneur. • Bénéfice > 50 K€ avec besoin de conserver de la trésorerie : l'IS est généralement plus avantageux. • Volonté de céder l'entreprise à moyen terme : prendre en compte la plus-value de cession (régimes différents IR/IS). Une simulation chiffrée sur 5 ans dans chaque hypothèse est la seule méthode robuste pour trancher.

