Les indemnités kilométriques constituent le mode le plus simple et le plus utilisé pour rembourser les déplacements professionnels effectués avec un véhicule personnel. Encadrées par un barème fiscal annuel, elles sont exonérées de cotisations sociales et d'impôt dans la limite du barème publié. Ce guide récapitule le mécanisme, les conditions d'application et les justificatifs nécessaires pour sécuriser leur utilisation en 2026.
Définition et principe
Les indemnités kilométriques (IK) constituent un remboursement forfaitaire des frais engagés par un salarié ou un dirigeant qui utilise son véhicule personnel pour des déplacements professionnels (rendez-vous client, formation, mission). Elles couvrent forfaitairement la dépréciation du véhicule, les frais de carburant, l'entretien et les réparations, les pneumatiques, l'assurance et les frais de garage. Elles ne couvrent pas les péages et les frais de parking, qui doivent être remboursés en sus sur justificatifs.
Structure du barème fiscal voitures
Le barème fiscal voitures distingue trois tranches kilométriques annuelles et plusieurs puissances administratives (CV). Pour chaque tranche, une formule (d × coefficient + montant fixe) ou un simple coefficient s'applique. Une majoration de 20 % est prévue pour les véhicules 100 % électriques. Les valeurs ci-dessous sont à titre indicatif — le barème officiel 2026 sera publié au BOFiP en début d'année.
| Puissance fiscale | ≤ 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | > 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Exemple de calcul
Un dirigeant utilise sa voiture personnelle (6 CV fiscaux) pour ses déplacements professionnels et parcourt 12 000 km à titre professionnel sur l'année. Application du barème (tranche 5 001 à 20 000 km) : (12 000 × 0,374) + 1 457 = 4 488 + 1 457 = 5 945 €. Ce montant est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite du barème publié. Pour un véhicule 100 % électrique, la majoration de 20 % porte le remboursement à environ 7 134 €.
Conditions d'application
Trois conditions sont à respecter : (1) le véhicule doit être la propriété personnelle du bénéficiaire (carte grise à son nom) ou être loué/crédit-bail à titre personnel, (2) les déplacements doivent être effectués pour des motifs professionnels avérés et justifiables, (3) le bénéficiaire doit tenir un suivi détaillé des kilomètres parcourus (date, motif, lieu de départ, destination, kilométrage aller-retour). À défaut, l'administration peut requalifier le remboursement en salaire avec rappel de cotisations et pénalités.
Alternative : remboursement aux frais réels
Plutôt que d'utiliser le barème forfaitaire, il est possible de rembourser les frais réels engagés (carburant, entretien, assurance, amortissement au prorata d'usage professionnel). Cette méthode est plus précise mais plus lourde administrativement et exige la conservation de tous les justificatifs. Elle peut être avantageuse pour les véhicules récents et coûteux ou pour des kilométrages très élevés. À l'inverse, pour un usage modéré, le barème est généralement plus simple et plus favorable.
Barème vélo et deux-roues
Un barème spécifique existe pour les deux-roues motorisés (cylindrée ≤ ou > 50 cm³). Pour le vélo, le forfait mobilités durables permet à l'employeur de verser jusqu'à 700 €/an exonérés (ou 800 € en cumul avec un abonnement transport) au salarié utilisant son vélo pour les trajets domicile-travail. Le barème spécifique vélo n'existe pas pour les déplacements professionnels purs ; le remboursement se fait alors au réel.

