L'impôt sur les sociétés (IS) est l'impôt payé sur le bénéfice des sociétés de capitaux françaises. Souvent appelé impôts société, impôt entreprise ou IS entreprise, il concerne la quasi-totalité des SARL, SAS, SASU, EURL à l'IS, SA et SCI ayant opté. Ce guide détaille les taux 2026, le calcul, les acomptes, la déclaration 2065 et les principales optimisations légales.
Définition : qu'est-ce que l'IS (impôt sur les sociétés) ?
L'impôt sur les sociétés (IS) est un impôt direct prélevé sur le résultat fiscal des personnes morales soumises à cet impôt. Il est dû par l'entreprise elle-même, distinctement du patrimoine de ses associés ou actionnaires. À la différence de l'impôt sur le revenu (IR), l'IS est calculé à un taux fixe (taux normal 25 %, taux réduit 15 %) et n'est pas progressif selon le revenu du dirigeant. C'est l'impôt entreprise par défaut pour les sociétés de capitaux : SA, SAS, SASU, SARL, SCA. Certaines structures peuvent opter pour l'IS : EURL, SNC, EI (depuis 2022), SCI à objet civil. L'option est irrévocable au-delà du 5e exercice.
Taux de l'IS en 2026
Deux taux principaux coexistent en 2026 : • Taux normal : 25 % sur l'ensemble du bénéfice imposable, applicable à toutes les sociétés à l'IS. • Taux réduit PME : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice, sous trois conditions cumulatives : CA HT inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques (ou par une société répondant elle-même à ces conditions). Au-delà de 42 500 €, le taux normal de 25 % s'applique sur le surplus. Les très grandes entreprises (CA > 250 M€) sont par ailleurs soumises à des contributions additionnelles temporaires.
Calcul de l'IS : exemple chiffré
Le résultat fiscal sert de base de calcul. Il correspond au résultat comptable corrigé des réintégrations (charges non déductibles : amendes, cadeaux excessifs, etc.) et déductions extra-comptables (produits non imposables). Exemple PME éligible avec un bénéfice fiscal de 80 000 € : • 42 500 € × 15 % = 6 375 € • (80 000 − 42 500) × 25 % = 9 375 € • Total IS dû : 15 750 € Exemple société non éligible au taux réduit avec 80 000 € de bénéfice : 80 000 € × 25 % = 20 000 €. L'éligibilité au taux réduit représente donc une économie significative.
Barème IS récapitulatif
Tableau de synthèse des taux applicables en 2026.
| Bénéfice | PME éligible | Société non éligible |
|---|---|---|
| 0 à 42 500 € | 15 % | 25 % |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | 25 % |
| Conditions taux réduit | CA < 10 M€, capital libéré, 75 % personnes physiques | — |
Déclaration et paiement de l'IS
La déclaration annuelle se fait via la liasse fiscale 2065 (et ses annexes 2050 à 2059) à télétransmettre au plus tard le 15 du 4e mois suivant la clôture (15 mai pour un exercice civil). Le paiement s'effectue en 4 acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) calculés sur l'IS de référence (résultat N-1), puis un solde au 15 mai. Les entreprises dont l'IS N-1 est inférieur à 3 000 € sont dispensées d'acomptes. Les paiements se font exclusivement par télérèglement via le compte fiscal en ligne.
IS ou IR : comment choisir ?
À l'IR, le résultat de l'entreprise est imposé directement au nom de l'entrepreneur ou des associés au barème progressif (jusqu'à 45 %) + prélèvements sociaux. À l'IS, l'entreprise paie l'IS à 15 ou 25 %, puis les dividendes distribués sont imposés au PFU (30 %) ou au barème + 17,2 % de prélèvements sociaux. L'IS est généralement avantageux pour conserver les bénéfices dans l'entreprise (réinvestissement, trésorerie), pour piloter la rémunération du dirigeant et pour limiter l'imposition globale lorsque la tranche marginale d'IR est élevée. L'IR reste pertinent pour les structures à faible bénéfice ou en début d'activité (imputation des déficits sur le revenu global).
Optimiser légalement votre IS
Plusieurs leviers permettent d'optimiser l'IS dans le cadre légal : étalement de la rémunération du dirigeant, constitution de provisions justifiées, amortissements (notamment immobilier en SCI à l'IS ou en LMNP), crédits d'impôt (CIR, CII, mécénat), report en avant des déficits, intégration fiscale en groupe. Un accompagnement par un expert-comptable permet d'évaluer ces leviers au regard de votre situation et de votre stratégie patrimoniale.

